Guide apiculture

Guide pour débuter en apiculture

L'installation du rucher :

 

Choisir l'emplacement de vos futures ruches est une étape cruciale qui nécessite de tenir compte de différents paramètres : le confort de l'apiculteur et des abeilles, mais aussi la législation en vigueur dans votre département.

 

La réglementation pour l'emplacement des ruchers n'est pas la même dans tous les départements : elle arrête des distances minimales des habitations voisines et voies publiques. Pour la connaître, il est préférable de contacter le Groupement de Défense Sanitaire de votre région ou une association locale d'apiculteurs qui vous renseignera de manière précise. Les mêmes interlocuteurs vous donneront les informations nécessaires à la déclaration annuelle de vos ruches. Pour profiter de votre rucher en évitant les soucis, il est important de respecter la réglementation, justifiée par la sécurité et la légalité de l'apiculteur, même débutant. Il est également recommandé de vérifier auprès de son assurance que votre responsabilité civile couvre vos abeilles !

Une fois ces aspects légaux considérés, vous pourrez chercher un lieu idéal pour installer vos abeilles ! D'abord, l'apiculteur doit être suffisamment proche du rucher pour s'y rendre au moins une fois par semaine ; il doit aussi tenir compte des frais de transport et du temps qu'il pourra consacrer à l'entretien de son rucher.

 

Les ruches doivent être exposées vers l'Est ou le Sud-Est, en évitant le vent. Le terrain doit être stable, on évite donc les terrains humides proches des cours d'eau, et on préfère un endroit pas trop ombragé. Les ruches peuvent être exposées au soleil sans problème, il est néanmoins important de s'assurer qu'un point d'eau permet aux abeilles de subvenir à leurs besoins, sans s'épuiser sur des longs trajets. Disposées sur un promontoire stable situé à au moins 20cm du sol, les ruches seront accessibles sur tous leurs côtés. Pour finir, il est essentiel d'observer les floraisons en cours autour du rucher, et de s'assurer que vos abeilles pourront trouver de quoi butiner sur un rayon maximal de 3km autour du rucher.

 

 

Pour aller plus loin :

 

Télécharger un aperçu des arrêtés par département =>

Consulter le site du Groupement de Défense Sanitaire (GDS) de Franche-Comté

Consulter ce tableau des plantes mellifères

Arretes prefectoraux
5,3 Mo
Arretes_prefectoraux.pdf

L'équipement nécessaire :

 

L'apiculteur débutant a besoin d'un minimum d'équipements pour commencer son activité.

 

 

Pour sa protection, l'apiculteur a nécessairement besoin d'un enfumoir. Cet équipement est primordial pour se protéger contre l'agressivité des abeilles lors de l'ouverture des ruches. Pour renforcer sa protection, l'apiculteur débutant peut porter un blouson, des gants, un voile, les extrémités du corps étant les plus sensibles aux piqûres d'abeilles.

 

Pour son confort de travail, des équipements variés sont à disposition de l'apiculteur. Les outils indispensables sont la brosse et le lève-cadre, qui permettent le travail dans la ruche à un coût moindre.

Les différents types de ruches : 

 

Il existe 3 types de ruches couramment utilisées en France : Dadant, Langstroth et Warré

 

 

Dadant :

 

La majorité des apiculteurs professionnels choisissent la ruche Dadant, sur 10 cadres. Elle a l'avantage de la production, et peut s'utiliser avec des ruchettes dont les cadres sont similaires. Elle est également avantageuse pour l'hivernage, en offrant plus de place pour les réserves.

Warré :

 

La ruche Warré, ou ruche populaire, est un modèle surtout adapté aux apiculteurs amateurs, dont la volonté principale est d'avoir un nombre limité de colonies, sans objectifs de production.

 

Pour extraire le miel, pas besoin d'extracteur, les rayons sont détruits à chaque collecte de miel. Elle est revendiquée par des apiculteurs orientés vers une méthode « douce », bien qu'il soit nécessaire de suivre les colonies régulièrement. L'usage de ce type de ruche est particulier (possibilité de travailler sans cadres, placement particulier des hausses...) et nécessite de bien se renseigner.

 

Langstroth :


La Langstroth est le second modèle de ruche le plus populaire dans le monde. Ruche divisible, le corps de ruche et les hausses sont de mêmes dimensions, ce qui la différencie de la Dadant, vous n'aurez besoin que d'un type de cadre. La ruche Dadant est cependant plus volumineuse, ce qui est un avantage pour les hivers rigoureux.

Se procurer un essaim :

 

Pour vous procurer un essaim, différentes possibilités s'offrent à vous :

 

 

- Pendant tout le mois de Mai et jusqu'à début juin, vous pouvez d'abord essayé d'attirer des essaims à l'aide d'une ruchette piège il faut disposer la ruchette entre 1 et 3m de hauteur, dans un endroit calme et ombragé, orienté vers l'Est. Vous disposerez dans la ruchette, pour la rendre attractive, cire, propolis, miel. Vous pouvez aussi mettre à proximité des plantes aromatiques telles que la mélisse ou la verveine.

 

- Vous pouvez aussi offrir vos services à la communauté, et proposer aux pompiers locaux de récupérer les essaims qui viennent s'installer chez d'autres particuliers : Au début du printemps, contactez le SDIS de votre département pour donner vos coordonnées.

 

- Enfin, si vous souhaitez être certain d'obtenir vos abeilles, diverses solutions d'achat existent. Apiculteurs locaux, internet, association d'apicultures, etc, peuvent vous vendre des essaims dont le prix est très variable, selon la race d'abeille que vous voulez acquérir.

 

Pour aller plus loin :

 

Préparation et installation des pièges à essaim

Préparer le corps de ruche pour accueillir un essaim :

 

Avant de récupérer vos premières abeilles, il est important de bien se préparer. Il vous faudra aménager la ruche en posant la cire gaufrée sur les cadres, et en installant vos cadres dans la ruche. Selon le type de ruche que vous choisissez, l'essaim sera généralement sur 6 cadres. Il est donc nécessaire, afin d'éviter un refroidissement de la colonie, de poser une partition que vous reculerez pour ajouter un cadre de cire gaufrée à mesure que le couvain s'élargit.

 

Votre jeune essaim aura besoin d'être soutenu au début, le temps de se renforcer et de bâtir les cires gaufrées où sera stocké le miel. Il est donc utile de les nourrir pour stimuler la ponte et construction des cires à l'aide d'un nourrisseur, que vous remplirez d'un mélange sucre/eau dilué à 50%. Vous pouvez aussi acheter en magasins spécialisés de la nourriture plus équilibré pour vos abeilles.

La pose des hausses :

 

Quand votre essaim sera bien installé et le corps entièrement construit, vous pourrez poser une première hausse, qui permettra aux abeilles de stocker du miel que vous récolterez. Si vous choisissez une ruche de type Dadant, les cadres de hausse sont différents des cadres de corps.

 

Pour éviter que la reine ne passe dans la hausse et y ponde, vous disposerez une grille à reine entre le corps et la hausse.

 

Sur la hausse, afin de contrôler la progression du stockage sans déranger la colonie par une ouverture, vous pouvez placer un couvre cadre transparent.

La récolte :

 

Le moment attendu toute l'année par l'apiculteur est souvent celui de la récolte ! Selon la force de vos colonies, vous pouvez faire 2 récoltes, une récolte de printemps et une récolte d'été. Le miel est récolté sur les cadres operculés et sans couvain.

 

Comment récolter ? La veille de la récolte, le plus simple est de placer un chasse abeille entre le corps et la hausse, les abeilles pourront ainsi descendre dans le corps de ruche mais ne pourront pas y remonter, vous n'aurez donc pas à enlever les abeilles des cadres, ce qui est généralement très long et dérange la colonie.

 

Si vous ne souhaitez pas acheter un extracteur, vous avez la possibilité de le louer à un tarif accessible. L'utilisation de l'extracteur est très simple, et permet de récupérer tout le miel des rayons efficacement.

Traitement anti-varroa :

 

Le varroa est l'un des parasites le plus dangereux pour vos abeilles. Il ressemble à une minuscule tique, qui se loge dans le couvain et se fixe sur le corps des abeilles, entraînant malformations, perte du sens de l'orientation, et rapidement la mort de la colonie. Présent dans toute les ruches, il peut très vite infester la colonie si l'apiculteur n'intervient pas à temps. Contre le varroa, différents traitements existent :

 

- Le plus naturel et le moins onéreux pour un apiculteur débutant consiste à traiter à l'acide formique. Deux méthodes existent, par évaporation lente en utilisant un diffuseur qui se place sur les cadres pendant plusieurs jours, ou par évaporation rapide, méthode dite "flash", en plaçant pendant quelques heures un essuie tout imbibé d'acide sur le tiroir du plateau grillagé.

Il faut veiller à bien respecter le dosage selon la température et la force de la colonie pour ne pas trop incommoder les abeilles et surtout la reine.

 

L'acide formique étant un produit dangereux il est nécessaire de porter des équipements de protection adéquats.

 

- Les autres traitements consistent à utiliser des pesticides dans la ruche. Leur avantage est d'être très efficace, il leur est cependant reproché de renforcer le varroa (un peu à la manière des antibiotiques). Vous pouvez par exemple recourir à l'APIVAR, un traitement disponible en pharmacie ou chez les vétérinaires. Un autre avantage est l'unicité du traitement, qui ne nécessite que 2 passages de l'apiculteur dans l'année.

 

 

Pour aller plus loin :

 

Notice d'application de l'acide formique par la méthode "flash" =>


Document sur les différents traitements anti-varroa existants => 

Application acide formique
280 ko
Application_acide_formique.pdf
Varroa Trente ans de combat et ce est pas gagne
200 ko
Varroa_Trente_ans_de_combat_et_ce_est_pas_gagne.pdf

A l'automne, préparer l'hivernage :

 

La préparation de l'hivernage commence dès la dernière récolte. Au plus tôt, il s'agit de traiter les abeilles contre le varroa et de s'assurer que la colonie sera suffisamment forte pour passer l'hiver. Pour estimer les réserves nécessaires, on dit généralement qu'à la mise en hivernage, la ruche doit peser environ 40kg pour 10 cadres.

Si votre colonie n'est pas assez forte (elle ne tient pas sur au moins 8 cadres) il est recommandé de la fusionner avec une colonie plus forte, en n'oubliant pas de supprimer la reine de la mauvaise colonie.

Entre le mois d'août et jusqu'au 15 octobre de l'année, il faudra être attentif aux stock de nourriture disponible dans la ruche. La reine va ralentir sa ponte et les cadres de couvains seront rempli de réserves à mesure qu'ils se libèrent. Il est donc conseiller de nourrir les abeilles régulièrement, par petite quantité, jusqu'à ce qu'elles soient suffisemment équipées pour l'hiver !

Pour aller plus loin :


Méthode pour réunir des colonies d'abeilles =>

Reunion colonie abeilles
390 ko
Reunion_colonie_abeilles.pdf

L'hivernage :

 

L'hivernage est une période cruciale pour la ruche. Pour beaucoup d'apiculteur, la mise en hivernage correspond au début de l'année apicole : il s'agit déjà de préparer l'année suivante.

S'assurer que rien ne viendra déranger les ruches, on réduit le trou d'entrée pour éviter que des rongeurs viennent nicher à l'intérieur. Une température adaptée dans la ruche est vitale pour la colonie, il est conseillé de fermer le plateau grillagé pour éviter une trop importante arrivée d'air.

Dès les beaux jours de janvier, lorsque la température est supérieure à 12°, vous pourrez observer que la reine reprend sa ponte. Si besoin vous assurerez la survie de la colonie en nourrissant à nouveau.

Florence Guénaut & Florian Bernard