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Comment les abeilles choisissent-elles le pollen ?

25 novembre 2016

Comment les abeilles choisissent-elles le pollen ?

La collecte de pollen n’est pas une mince affaire : les abeilles utilisent donc plusieurs sens et différentes techniques pour le choisir.

La nature abonde d’une multitude de fleurs de formes et de couleurs variées, avec tout autant de pollens associés. Et chacun d’eux possède une valeur nutritive et une composition différente ! Il est également crucial dans le nourrissage des larves, la croissance des adultes et la maturation sexuelle. C’est donc un défi de taille que les abeilles doivent relever pour sélectionner et évaluer le pollen afin de choisir celui qui sera le plus nutritif et le plus abondant, en économisant un maximum d’énergie. Mais comment se débrouillent-elles ? Si l'on connaissait déjà quelques éléments sur leur technique, des chercheurs de l’Université Exeter ont cherché à comprendre l’ensemble des mécanismes "mécasensoriels" (à la fois mécaniques et sensoriels, donc).

 

Une approche multisensorielle et mécanique

 

« Il semble que les abeilles ne répondent pas à un seul composant du pollen, comme la teneur en protéine brute, mais à une gamme de signaux sensoriels dans le pollen et la fleur », explique le Dr Natalie Hempel de Ibarra, experte en neuroéthologie des insectes. S’il est aisé de déterminer la valeur nutritive du nectar, un suc produit par les fleurs, il est beaucoup plus compliqué d’évaluer celle des différents pollens puisqu’elle est très variable. Sachant que les abeilles se nourrissent rarement directement sur la fleur et récoltent plutôt des échantillons dans des "sacs" appelés corbiculas sur leurs pattes ou sur leurs poils, elles doivent utiliser d’autres sens pour l’analyser. Pourquoi ne le gouttent-elles pas plus souvent ? Selon les scientifiques, cela serait dû au faible nombre de gènes récepteurs au goût qu’elles possèderaient, par rapport aux autres insectes (10 contre 23 chez les bourdons et 76 chez les drosophiles). En plaçant du pollen riche en acides aminés sur un coton, composant 20% du pollen, ils se sont aperçus que les abeilles présentaient un comportement de récompense, caractérisé par un allongement de leur proboscis. Lorsque les chercheurs ont renouvelé l’expérience avec une solution de saccharose, autre composant du pollen, aucune association récompense-aliment n’a été observée. Elles seraient alors plus sensibles aux acides aminés mais leur goût serait très limité concernant les autres composants.

 

Heureusement, leur sens de la vue semble plus développé. Bien que leurs yeux soient de petite taille et à faible résolution spatiale, leurs capacités visuelles sont très bonnes. Il semblerait que les abeilles aient des préférences de couleurs de fleurs et butineraient alors ces dernières plus souvent. Pour vérifier que cela était associé à la qualité du pollen, les chercheurs ont présenté deux ronds de couleurs différentes avec du pollen très nutritif et un second non nutritif. Tout d’abord, le meilleur pollen était associé à la fleur préférée des abeilles, puis ils ont inversé en le plaçant dans la fleur de l’autre couleur. Résultat, les insectes se sont adaptés et sont allés vers l’autre fleur, montrant bien qu’elles ne choisissent pas leurs couleurs préférées au hasard. Cependant, à cause de la faible résolution qu’offrent leurs yeux, quand la corolle de la fleur et l’anthère (organe de la fleur où se trouve le pollen) sont de couleurs similaires, les abeilles vont davantage sur la corolle, sûrement car elle est plus grosse et donc plus visible.

 

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